Le Chevalet
Le chevalet n'est pas, comme on pourrait le croire d'origine médiévale. Déjà à Rome, Cicéron le décrit : au Ier siècle av. J.-C., l'instrument ne servait pas à faire dénoncer d’éventuel complices mais agissait comme une véritable machine de mort. On ne descendait pas vivant du chevalet, d'autant qu'on labourait au même moment les corps des condamnés avec des crochets de fer. Il est l'instrument dont tous les bourreaux d'Europe connurent la pratique jusqu'à la fin du XVIIIème siècle, son application était si rapide qu'un Duc d'Oxeter ordonna de fabriquer un chevalet démontable en 1477.
Le "Cheval" parmi les anciens, était une machine de bois, faite à la ressemblance d'un vrai cheval, et ayant deux petites roues creuses ou polies aux deux extrêmités où se trouvaient des trous pour les recevoir. Sur leurs axes, lorsque quelqu'un devait être torturé sur l'instrument, on placait des cordes et ces roues tournaient. Par ce moyen la personne qui y était attachée était disloquée et distendue de diverses façons.
Arrêté à Malaga en 1620 car protestant , un commercant écossais raconte dans ses mémoires :
Je fus mis tout nu et porté sur le chevalet (vertical posé contre un mur) où l'on me suspendit avec deux petites cordes.
Etant hissé à la hauteur voulue, mon bourreau tira mes jambes de chaque côté du chevalet, attacha une corde sur chacune de mes chevilles et tira les cordes ensuite vers le haut, obligeant mes genoux à toucher les deux planches jusqu'à ce qu'éclate mes jarrets. Je fus ainsi pendu pendant plus d'une heure.
Ensuite mon bourreau plaçant mon bras droit au-dessus du gauche, enroula sept fois de suite une corde autour des deux bras et se tenant sur le dos et raidissant ses pieds contre mon ventre, tira de telle sorte les cordes qu'il me coupa les tendons du bras et mis mes os à nu, si bien que je fus estropié pour le reste de mes jours.
Le supplice du châmgât. On prenait un grand vase de terre cuite, peu profond, et on le remplissait de chiffons enduits de poix, de goudron et de pétrole. Cela fait, on amenait le condamné, on lui liait les bras à un long bâton qui, passant sur la poitrine, allait jusqu'à l'extrémité des doigts. Au cou, on mettait un anneau de fer d'où descendaient quatre ou cinq longues chaînes. Le malheureux était ensuite habillé de vêtements enduits de résine. Assis dans le vase de terre cuite, on l'assujettisait fortement à la selle d'un chameau, puis tout le long du bâton qui maintenait les bras étendus on disposait une série de mèches résineuses enflammées. La figure du condamné était également frottée de poix et de goudron. La mort était lente à venir et des gémissements affreux témoignaient des souffrances qu'endurait la victime. On le promenait alors dans toute la ville et sur le marché. |